La filière judiciaire attire les candidats qui aiment comprendre, recouper et démontrer. Elle est accessible au gardien de la paix bien plus tôt qu'on ne le croit.
Ce que fait la police judiciaire
Sous la direction du procureur de la République ou d'un juge d'instruction, elle constate les infractions, rassemble les preuves et recherche les auteurs : auditions de victimes, de témoins et de suspects, perquisitions, exploitation de la vidéoprotection et de la téléphonie, surveillances, filatures, interpellations préparées, rédaction de procédures parfois volumineuses. Elle se décline à tous les niveaux : les groupes d'enquête des commissariats traitent la délinquance de masse, les sûretés départementales et urbaines les affaires plus complexes (stupéfiants, atteintes aux personnes, cambriolages en série), les services territoriaux de police judiciaire et les offices centraux le crime organisé, le terrorisme, la cybercriminalité ou la délinquance financière.
Le rôle du gardien de la paix
En arrivant, le gardien de la paix est agent de police judiciaire (APJ) : il seconde les OPJ, constate les infractions, recueille les déclarations et rédige. C'est déjà un travail d'enquêteur à part entière dans les groupes de voie publique et les unités de traitement judiciaire en temps réel.
Devenir officier de police judiciaire
Après trois ans de service, le gardien de la paix peut préparer l'examen technique d'OPJ : droit pénal général et spécial, procédure pénale, cas pratiques. Il demande plusieurs mois de travail personnel, souvent en formation accompagnée. La qualification, délivrée après avis du procureur général, permet de décider d'une garde à vue, de diriger une enquête, de délivrer des réquisitions ; elle s'accompagne d'une prime mensuelle et ouvre la porte des brigades spécialisées. Les enquêteurs OPJ sont très recherchés, ce qui facilite la mobilité.
Les spécialisations possibles
Investigateur en cybercriminalité, enquêteur spécialisé en violences intrafamiliales, en criminalité financière, en stupéfiants, en accidents de la route, enquêteur en police technique et scientifique de proximité, ou encore analyste criminel : la filière offre une diversité rarement égalée, et des passerelles vers les offices centraux et la coopération internationale pour les profils expérimentés.